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Sessions professionnelles et ateliers méthodologiques

Horaires

Sessions professionnelles (ouvertes au public)

Lundi  16h30 - 18h 

1A. Se former, s’informer, former en genre ? Une relation indispensable mais complexe.

2A. L'activisme féministe dans la Roumanie actuelle: stratégies d'action, stratégies de résistance

Sessions professionnelles

Jeudi 9h30-11h

1BLa recherche universitaire à l’ère de l’IA générative : enjeux éthiques, méthodologiques et épistémologiques

2B. « Le monde s’effondrait et pourtant nous dansions » (atelier participatif)

 

Ateliers méthodologiques

Lundi  16h30 - 18h

3A. Méthodes quantitatives et informatiques : à la rencontre des catégories et de leurs enseignements

4A. Méthodologies de l’enquête enterrain sensible: Genèse, encadrements institutionnels et évolutions de la posture

Ateliers méthodologiques  

Jeudi 9h30-11h

3B. Genre et données numériques : le cas de MenstruTech 

 4B. Recherche participative ou objectification déguisée. Réflexivité et responsabilité dans la production du savoir académique.

 

 

Résumés 

1A. Se former, s’informer, former ? Une relation indispensable mais complexe. 

 Formation assurée par Heri. Rakoto-Raharimanana (AMU)

En se lançant dans la recherche et la réflexion sur la thématique/la question du genre, nous sommes (en tant qu’individu) confronté.e.s à quelques évidences que nous n’interrogeons pas forcément « systématiquement » : nos stéréotypes et nos préjugés. En effet, stéréotypes et préjugés sont ancrés dans l’inconscient collectif.
Si on considère que le concept de genre est une catégorie d'analyse qui rassemble en un seul mot un ensemble de phénomènes sociaux, historiques, politiques, économiques, psychologiques qui rendent compte des conséquences pour les êtres humains. Comment se former, s’informer et former – en tant qu’étudiant.e, professionnel.le, enseignant.e, enseignant.e-chercheur.e –  pour « affronter » au mieux le poids de nos stéréotypes et de nos préjugés ? Lors de l’atelier, nous présenterons, à partir de quelques études de cas effectuées dans le cadre d’une formation proposée à l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation (INSPE) d’Aix-Marseille Université, les « petits pas » de la pédagogie de l’égalité qu’il est possible de faire pour rester vigilant.e dans son parcours d’expertise.

1B. La recherche universitaire à l’ère de l’IA générative : enjeux éthiques, méthodologiques et épistémologiques 

Formation assurée par Hind Aassouli Université Hassan II de Casablanca )

L'essor des outils d'intelligence artificielle générative transforme en profondeur les pratiques de la recherche universitaire. Si ces technologies offrent de nouvelles capacités analytiques et rédactionnelles, elles soulèvent simultanément des questions éthiques, épistémologiques et déontologiques que les chercheur·euses, en particulier les doctorant·es, ne peuvent éluder.

Cet atelier méthodologique propose d'explorer ces reconfigurations à partir de trois axes. Le premier porte sur l'intégrité scientifique : comment les normes de citation, d'attribution de la paternité intellectuelle et de transparence méthodologique s'appliquent-elles — ou doivent-elles être repensées — face à l'usage d'outils génératifs dans la production du savoir ? Le deuxième axe interroge la réflexivité du·de la chercheur·euse : dans quelle mesure l'usage de l'IA dans la collecte, le traitement ou l'écriture des données affecte-t-il la posture réflexive qui est au cœur des sciences humaines et sociales, et plus particulièrement des études de genre ? Le troisième axe aborde les inégalités structurelles que ces technologies reproduisent ou amplifient : biais algorithmiques, effacement de certaines épistémologies, accès différentiel aux outils numériques selon les contextes institutionnels et géographiques.

À travers des mises en situation, des échanges sur des cas concrets et une réflexion collective, cet atelier vise à outiller les participant·es pour adopter une posture critique et éclairée vis-à-vis de l'IA générative dans leur parcours doctoral.

2A. L'activisme féministe dans la Roumanie actuelle: stratégies d'action, stratégies de résistance

Formation assurée par Carmen Radu, Experte en égalité  de genre, Association Feminism Romania et Mihaela Crăciun, doctorante en science politique  à l'Université de Bucarest

Ces deux dernières années en Roumanie, marquées par des cycles électoraux, ont vu l'ascension du discours d'extrême droite et du populisme, fondés sur l'euroscepticisme, la rhétorique anti-système et anti-élite, ainsi que les attaques contre les personnes LGBTQI+ et les femmes, provoquant une polarisation sociale massive. Parallèlement, l’église orthodoxe continue d’exercer une influence disproportionnée dans des domaines tels que l’éducation, la politique et la culture publique, freinant les changements progressistes et soutenant des agendas conservateurs qui mettent en péril les droits humains.
Le système patriarcal persiste au sein de la société roumaine, tout comme les normes hétéronormatives et les rôles de genre stéréotypés. Les femmes, en particulier celles issues de groupes vulnérables (Roms, du milieu rural, pauvres, LBT), sont confrontées à des discriminations dans l'éducation, le travail, la santé et la justice, tandis que l'accès aux services sociaux et de santé reproductive se heurte à des insultes, des agressions et des refus.
Lors de l'atelier, nous présenterons les directions d'action des ONG féministes, dans une perspective intersectionnelle, pour contrecarrer l'agenda conservateur anti-genre en Roumanie. Parmi les stratégies, nous mentionnerons :
  • L'occupation de l'espace public : plus de visibilité pour les thématiques féministes.
  • La construction d'alliances et de coalitions, formelles et informelles.
  • La solidarité dans une approche intersectionnelle.
  • La construction d'un mouvement social progressiste.
  • L'intégration de ces thématiques féministes dans la recherche académique. 

2B. « Le monde s’effondrait et pourtant nous dansions » (atelier participatif)

Formation assurée par : David Paternotte (ULB)

De l’avis de nombreux·ses expert·es, la montée des conservatismes à l’œuvre dans de nombreux pays occidentaux s’est récemment accélérée. Ces attaques s’accumulent et s’entrecroisent à un rythme de plus en plus effréné et nombre d’entre elles visent les questions de genre et de sexualité, en articulation étroite avec les questions raciales. Si les États-Unis sont au cœur du cyclone, l’impact de ce dernier se fait sentir aux quatre coins de la planète.

Dans ce contexte, comment poursuivre une thèse en études de genre ? Dans quelle mesure et de quelle façon ce contexte en transformation influence-t-il le monde de la recherche et la réalisation d’une thèse ? Ces questions seront déclinées en quatre axes :

  • Contenus : comment ces mutations influencent-elles le contenu des recherches en cours et à venir ?
  • Méthodes : ces mutations forcent-elles à changer les manières d’étudier nos objets, notamment sur un plan éthique ?
  • Terrains : ces mutations transforment-elles nos terrains et l’accès à ceux-ci ?
  • Risques et santé mentale : dans quelle mesure certaines recherches mettent-elles désormais celleux qui les conduisent dans une situation de danger ?

3A. Méthodes quantitatives et informatiques : à la rencontre des catégories et de leurs enseignements

Formation assurée par Cécile Favre, Professeure en informatique à l’Université Lumière Lyon 2, au sein de l’Institut de la Communication.

Cet atelier méthodologique se propose d’aborder en deux temps la notion de catégorie dans une perspective d’analyse quantitative en études de genre. Ainsi, dans un premier temps, les participantes et participants seront amené.es à explorer différentes manières d’envisager ces catégories, que ce soit dans le domaine de la statistique publique (en abordant notamment le contexte canadien) ou dans la réalisation de questionnaires. Les points de vigilance liés à ces catégorisations seront explorés, en prenant en compte le contexte dans lequel elles s’inscrivent, notamment vis-à-vis d’enjeux d’identité, en réfléchissant à la place du numérique dans le travail d’enquête et ses implications. Un second temps permettra d’aborder de manière plus concrète ces aspects, en mettant en œuvre des analyses via l’outil Excel, en évoquant également les questions du passage des nombres en mots et de la rigueur scientifique nécessaire des analyses. Finalement, un objectif de ces sessions sera de renforcer le questionnement autour de l’usage des catégories d’analyse et des précautions d’usage. Des temps d’échange complémentaires pourront être envisagés pour discuter plus en profondeur sur des données en lien avec les travaux de recherche des participantes et participants.

 3B. Genre et données numériques : le cas de MenstruTech

Formation assurée par Marion Coville (Université de Poitiers)

Cet atelier méthodologique s'appuie sur le projet de recherche MenstruTech, qui porte sur les applications de suivi des cycles menstruels, des dispositifs utilisés au quotidien par des millions de personnes menstruées pour enregistrer leurs règles, leurs symptômes ou encore leurs émotions. La recherche en études de genre s'est pour l'instant majoritairement tournée vers l'analyse de leurs interfaces, en montrant par exemple comment des logiques genrées et normatives s'inscrivent dans le fonctionnement de ces applications. Les utilisatrices ont aussi fait l'objet d'une attention accrue. 
L'objectif de MenstruTech est de développer des terrains et des outils méthodologiques à même de saisir comment les rapports sociaux de genre, les technologies numériques et les savoirs en santé gynécologique se co-construisent mutuellement. À partir de ce cas concret, nous verrons comment l'enquête du côté des coulisses des technologies et de la production des données numériques permet d'appréhender ces phénomènes, en mobilisant notamment les approches féministes des science and technology studies.

4A. Méthodologies de l’enquête en terrain sensible : Genèse, encadrements institutionnels et évolutions de la posture 

 Formation assurée par Pierre Brasseur, ULB

 Cet atelier porte sur la manière dont les sciences sociales construisent leurs terrains dits sensibles : contextes de souffrance, de marginalisation, de violence, rapports de pouvoir inégaux. Il s'agit d'en retracer l'histoire et d'en interroger les fondements éthiques. L'atelier explore aussi les reconfigurations contemporaines de ces méthodologies, notamment à partir des approches décoloniales et collaboratives. La notion de terrain sensible a d'abord rempli une fonction de protection : protéger les enquêté·es, encadrer la posture du chercheur ou de la chercheuse. Cette protection a produit un effet moins visible : une forme de dépossession épistémique. Les personnes concernées par l'enquête sont maintenues dans un rôle d'objet de savoir plutôt que de sujet partenaire. L'atelier ouvre une discussion sur d'autres manières de faire enquête : co-construction des savoirs, réflexivité partagée, reconnaissance des acteurs et actrices du terrain comme expert·es de leur propre expérience.

4B. Recherche participative ou objectification déguisée. Réflexivité et responsabilité dans la production du savoir académique

Formation assurée par Luiza Medeleanu, Drd. CESI, Faculté de Lettres, Universitatea Bucuresti

 Conçue comme un espace de réflexion critique et de dialogue collectif, cette session invite les participants à examiner collectivement les modes de production, de diffusion et de légitimation du savoir académique dans les contextes de recherche contemporains, notamment les pratiques qualifiées de « recherche participative ». Les participants seront encouragés à réfléchir à la manière dont les rapports de pouvoir continuent de structurer les pratiques de recherche actuelles, à analyser leur propre position épistémique par rapport aux sujets de recherche choisis et à examiner comment cette position influence la sélection des objets d’étude, les processus de représentation et les implications éthiques de ces choix.

À cet égard, des perspectives méthodologiques mettant l’accent sur la réflexivité et la responsabilité éthique seront abordées, offrant des outils pour reconnaître et problématiser la frontière ténue entre transfert et appropriation culturels dans les discours décoloniaux, ainsi que pour identifier les pratiques de tokenisation et d’inclusion symbolique. Un autre objectif de la session est de renforcer la capacité des participants à concevoir et à mettre en œuvre des formes de collaboration académique fondées sur la réciprocité, la responsabilité et la redistribution du pouvoir épistémique, contribuant ainsi au développement de cadres de savoir plus éthiques, inclusifs et véritablement décoloniaux.
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